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La lamproie marine (Petromyzon marinus)

Description de l'espèce

Le disque oral des adultes une fois ouvert peut présenter un diamètre supérieur à celui du corps.

Les deux nageoires dorsales sont séparées.

La taille moyenne des adultes est de 80 cm pour environ 1 kg, et peut atteindre jusqu’à 120 cm pour 2 kg.

Leur coloration est jaunâtre, marbrée de brun sur le dos.


Caractères biologiques

Espèce anadrome, c'est-à-dire qui se reproduit en rivière et grossit en mer.

La reproduction a lieu de fin avril à fin mai à des températures de 15 à 18°C en France sur des zones typiques : faciès de plat courant (> 40 cm/s) et profond (> 50 cm).

Les individus construisent un vaste nid semi-circulaire, créant ainsi un large cordon de galets, graviers et sable. Au cours du frai, la femelle, cramponnée par la bouche sur une pierre devant le nid, est couverte plusieurs fois par le mâle qui est fixé sur sa tête et féconde ainsi les ovules.

Les géniteurs meurent après la reproduction.

Les œufs très nombreux (230 000/kg de poids vif) se collent aux pierres du nid.

Les larves ammocètes de 5 mm éclosent après 10-15 jours puis s’enfouissent dans le sable du nid.

Après 35-40 jours (10 mm), elles gagnent les « lits » d’ammocètes, zones abritées et sablolimoneuses pour rester dans un terrier, à l’état vermiforme, pendant cinq à sept ans.

La métamorphose a lieu à une taille de 130-150 mm (en août octobre).

Les juvéniles, bleuâtres, dévalent la rivière la nuit en automne et gagnent la mer en hiver. Leur croissance marine, rapide, dure environ deux ans, en parasitant diverses espèces de poissons.

Les adultes vivent en mer, en parasites, fixés par leur ventouse sur des poissons dont ils râpent la chair qu’ils consomment pour ensuite en absorber le sang.

À la fin de l’hiver, elle quitte les eaux côtières et remonte, la nuit, dans les rivières jusqu’à plus de 500 km de la mer.


Répartition géographique

L’espèce, rare en limite septentrionale actuelle de répartition (Finlande, Suède, Angleterre) et dans le Rhin, est présente en France dans les petits fleuves bretons, en Loire, en Gironde, dans l’Adour, dans le Rhône et un certain nombre de cours d’eau côtiers méditerranéens.
Plus au sud, l’espèce est exploitée au Portugal et sur les côtes occidentales de l’Italie.



Statuts de l'espèce

Directive « Habitats-Faune-Flore » : annexe II

Espèce de poisson protégée au niveau national en France (art. 1er)

Son utilisation comme appât pour la pêche à la ligne et aux engins, est interdite par l’article R. 236-49 du Code rural. Sa taille minimum de capture est fixée à 40 cm.



Evolution et état des populations, menaces potentielles

Largement étendue en France au début du siècle, l’aire de répartition s’est, depuis cette époque, considérablement réduite et fragmentée en raison de la multiplication des barrages qui ont bloqué sa remontée dans de nombreux cours d’eau.
Les conditions de remontée et d’accès aux zones de frayères sont évidemment déterminantes pour la Lamproie marine. Sa capacité à franchir certains obstacles inclinés en s’aidant de sa ventouse buccale ne lui permet pourtant pas de surmonter les ouvrages majeurs. À noter que les lamproies marines empruntent facilement les passes à poissons destinées aux salmonidés (passes à ralentisseurs) ou aux autres espèces (passes à bassins, à fentes verticales).
Les Lamproies ont besoin d’une eau fraîche et bien oxygénée. Enfouies pendant plusieurs années dans les dépôts sableux, elles sont donc particulièrement sensibles à toute altération du sédiment ou de l’eau interstitielle. Une certaine concentration de matières organiques dans les sédiments peut être favorable et servir de nourriture aux jeunes lamproies microphages qui se nourrissent essentiellement d’algues. Cependant, un excès de matière organique entraîne une désoxygénation (milieu réducteur) peu favorable à ces espèces.



Pour en savoir plus

  • http://natura2000.environnement.gouv.fr/especes/1095.html

  • http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/natura2000/habitats/pdf/tome7/1095.pdf


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