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La faune |
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| Introduction | Les poissons | Les invertébrés | Les amphibiens |
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| L’écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) |
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Trois sous-espèces d’Écrevisse
à pattes blanches ont été décrites
: Austropotamobius pallipes pallipes (Lereboullet), A. p. italicus
(Faxon) et A. p. lusitanicus (Mateus). Parmi celles-ci, seule
la première est indigène en France, les deux autres
ont été introduites lors d’opérations
de repeuplements.
Description de l'espèce
Aspect général rappelant celui d’un petit
homard, corps segmenté portant une paire d’appendices
par segment.
Les trois premières paires de pattes thoraciques sont terminées
chacune par une pince (dont la première est très
fortement développée), les deux autres paires par
une griffe.
L’abdomen porte des appendices biramés,
appelés pléopodes, qui ont pour fonction chez la
femelle le support des œufs pendant l’incubation.
Chez
le mâle, les premiers pléopodes sont transformés
en baguettes utilisées lors de l’accouplement.
La
dernière paire de pléopodes est transformée
en palette natatoire formant la queue.
Corps généralement long de 80-90 mm, pouvant atteindre
120 mm pour un poids de 90 g.
La coloration n’est pas un critère stable de détermination.
Généralement vert bronze à brun sombre, elle
peut être dans certains cas rares bleutée ou de teinte
orangée. La face ventrale est pâle, notamment au
niveau des pinces (d’où son nom d’Écrevisse
à « pattes blanches »).
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| Caractères biologiques
Cycle de développement
L’accouplement a lieu à l’automne (octobre-novembre),
lorsque la température de l’eau descend en dessous
de 10°C. Les œufs sont portés par la femelle qui
les incube pendant 6 à 9 mois, en fonction de la température
de l’eau.
L’éclosion a lieu au printemps, (mi-mai à la
mi-juillet), suivant la température de l’eau. Les juvéniles
restent accrochés à leur mère jusqu’à
leur deuxième mue après laquelle ils deviennent totalement
indépendants. Ils peuvent avoir jusqu’à sept
mues au cours de la première année, tandis que les
adultes ne muent qu’une à deux fois par an (à
partir de juin, puis éventuellement en septembre). La femelle
ne se reproduit qu’une fois par an, produisant 20 à
30 œufs avec un pourcentage d’éclosion parfois
très faible. Le nombre de jeunes peut être également
limité par le cannibalisme des adultes.
La croissance est fortement liée à la température,
elle est plutôt lente et se déroule pendant une période
de 13 à 15 semaines par an (principalement en été).
Les jeunes atteignent la maturité sexuelle à l’âge
de 2 à 3 ans (environ 5 cm de longueur). Il faut souvent
attendre 4 ou 5 ans pour que l’Écrevisse atteigne sa
taille légale de capture, soit 9 cm. La longévité
possible des adultes est estimée à environ 12 ans.
Les écrevisses autochtones (Austropotamobius pallipes, Austropotamobius
torrentium et Astacus astacus) restent particulièrement sensibles
à l’aphanomycose ou « peste des écrevisses
» pouvant décimer des populations entières.
Les écrevisses américaines introduites en Europe présentent
à l’égard de ce champignon une résistance
leur permettant de se comporter comme des « porteurs sains
». Ce champignon pathogène pour les écrevisses
autochtones peut également être véhiculé
par un matériel de pêche contaminé ou un transfert
de poissons et d’eau contaminés.
Activité
L’Écrevisse à pieds blancs
est relativement peu active en hiver et en période froide.
Reprenant son activité au printemps, ses déplacements
sont, en dehors de la période de reproduction, limités
à la recherche de nourriture. Elle présente un comportement
plutôt nocturne : pendant la journée, elle reste
généralement cachée dans un abri. Les exigences
respiratoires de cette espèce lui font préférer
des eaux fraîches et bien oxygénées. La morphologie
des écrevisses avec des branchies protégées
leur permet de séjourner un certain temps en atmosphère
humide, autorisant ainsi des déplacements en milieu terrestre.
Elle présente généralement un comportement
grégaire, il est fréquent d’observer d’importants
regroupements d’individus sur des espaces assez restreints.
Par contre, au moment de la mue, les individus s’isolent,
de même, après l’accouplement, la femelle s’isole
pour pondre dans une cavité individuelle naturelle ou qu’elle
creuse elle-même.
Régime alimentaire
Plutôt opportunistes, les écrevisses
présentent un régime alimentaire varié :
principalement des petits invertébrés, des larves,
têtards de grenouilles ou petits poissons. Les adultes consomment
une part non négligeable de végétaux (terrestres
ou aquatiques) et durant l’été, ceux-ci peuvent
constituer la majeure partie du régime alimentaire. Le
cannibalisme sur les jeunes ou les individus fragilisés
par la mue n’est pas rare.
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| Caractères écologiques
L’Écrevisse à pattes blanches présente
des exigences écologiques très fortes et multiples.
On la trouve dans des cours d’eau au régime hydraulique
varié, et même dans des plans d’eau. Les exigences
de l’espèce sont élevées pour ce qui
concerne la qualité physico-chimique des eaux et son optimum
correspond aux « eaux à truites ». Elle a en
effet besoin d’une eau claire, peu profonde, d’une
excellente qualité, très bien oxygénée
et un pH compris entre 6,8 et 8,2 est considéré
comme idéal. La concentration en calcium sera de préférence
supérieure à 5 mg/l. Elle a besoin d’une température
de l’eau relativement constante pour sa croissance (15-18°C),
qui ne doit dépasser qu’exceptionnellement 21°C
en été.
Elle apprécie les milieux riches en abris variés
: fonds caillouteux, graveleux ou pourvus de blocs, sous-berges
avec racines, chevelu racinaire et cavités, herbiers aquatiques
ou bois morts, dans lesquels elle se dissimule au cours de la
journée.
L’Écrevisse à pattes blanches subit la concurrence
d’écrevisses américaines introduites plus
prolifiques et plus résistantes à la dégradation
des biotopes.
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| Quelques habitats de l'Annnexe I susceptibles d'être concernés
3260 - Rivières des étages planitiaires à
montagnard avec végétation du Ranunculion fluitantis
et du Callitricho-Batrachion (Cor. 24.4)
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| Répartition
géographique
L’Écrevisse à pattes blanches est une espèce
européenne, principalement présente en Europe de
l’Ouest. Peuplant naturellement l’ensemble du territoire
français, elle a cependant disparu de certaines régions
sous la pression des perturbations environnementales (Nord, Nord-Ouest).
Encore représentée dans la moitie sud elle y est
parfois abondante, mais dans des zones restreintes. Colonisant
tout type de milieu, on la trouve aussi bien en plaine qu’en
montagne (des populations sont connues a 1 200 m d’altitude
dans la Massif central : lac Pavin et ruisseaux du Haut- Allier).
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| Statut de l'espèce
Directive « Habitats-Faune-Flore » : annexes
II et V
Espèce d’écrevisse autochtone protégée (art. 1er) : à ce titre, il est interdit d’altérer et de dégrader sciemment les milieux particuliers à cette espèce.
L’espèce est également concernée par des mesures de protection réglementaires relatives à sa pêche : mesures portant sur les conditions de pêche Code rural, art. R. 236-30 ; temps de pêche limité Code rural, art. R. 236-11 ; taille limite de capture de 9 cm - décret n°‹94-978 du 10 novembre 1994.
Cotation UICN : France : vulnérable
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| Evolution et
état des populations, menaces potentielles
Actuellement, les peuplements ont dangereusement régressé,
subissant l’action conjuguée de la détérioration
des biotopes liée à l’activité anthropique
(pollution de l’eau, aménagements urbains, matières
en suspension dans l’eau et envasement, perturbation du
régime hydraulique et thermique, destruction des berges,...)
et des introductions d’espèces (poissons ou écrevisses
exotiques concurrentes plus résistantes).
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| Propositions de gestion
La préservation de l’espèce passe par :
- la protection des biotopes dont la dégradation progressive renforce les conditions de prolifération d’espèces concurrentes plus résistantes : protection des berges naturelles à Saules et Aulnes, identification et contrôle des activités polluantes, générant des matières en suspension ou perturbant l’oxygénation de l’eau, l’équilibre thermique ou hydraulique ;
- le respect de la législation sur le commerce et le transport des écrevisses, notamment les espèces exotiques,
- l’information et la sensibilisation du public à la préservation de l’espèce.
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