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Des habitats remarquables
Introduction | La Risle, rivière à végétation flottante | L'importance des zones humides

Les mégaphorbiaies hygrophiles ou prairies humides semi naturelles à hautes herbes

Certaines mégaphorbiaies remarquables sont présentes en bordure du Guiel et de la Charentonne sur leurs parties amont. La régression de cet habitat est essentiellement due au développement de l’exploitation agricole des fonds de vallée et des zones anthropisées.

Cet habitat est constitué par un très vaste ensemble de groupes correspondant à des végétations de hautes herbes de type mégaphorbiaies et de lisières forestières se rencontrant du littoral jusqu’à l’étage alpin des montagnes. Compte tenu de la diversité des types de communautés, l’habitat a été divisé en trois ensembles de végétations : les mégaphorbiaies riveraines, les lisières forestières nitrophiles et les mégaphorbiaies d’altitude. Chacun de ces ensembles a été décliné en habitats élémentaires, notamment pour les mégaphorbiaies riveraines, les mégaphorbiaies dites mésotrophes collinéennes.

Les habitats rencontrés préférentiellement dans la vallée de la Risle correspondent aux mégaphorbiaies riveraines et plus particulièrement aux « mésotrophes collinéennes ».



Les mégaphorbiaies riveraines
Il s’agit de végétations de hautes herbes installées en bordure de cours d’eau et en lisière de forêts humides, rencontrés aux étages collinéen et montagnard des domaines atlantique et continental. Ces « prairies » élevées sont soumises à des crues temporaires et sont caractérisées par l’absence d’actions anthropiques (fertilisation, fauche, pâturage). Elles se transforment progressivement par l’implantation d’arbustes (Saules, par exemple) et d’arbres des forêts riveraines. Il s’agit donc de milieux souvent temporaires qui subsistent cependant en lisière et au bord de chemins.

Ces mégaphorbiaies sont menacées par les activités anthropiques (utilisation pour le pâturage ou la fauche) et par les modifications éventuelles du régime hydraulique des cours d’eau. Leur gestion préconise de laisser faire la dynamique naturelle.

Une distinction peut être réalisée en fonction de la trophie (intensité de la production primaire des eaux), conduisant à deux ensembles de communautés : les mégaphorbiaies mésotrophes et eutrophes.



Les mégaphorbiaies mésotrophes collinéennes
Ces habitats constituent des cordons en bordure des cours d’eau, des petites rivières aux grands fleuves, voire des lisières ou des clairières de forets humides. On les rencontre généralement dans des sites très humides des vallées alluviales présentant un sol engorgé avec une nappe temporaire. Les sols sont bien pourvus en matière organique, mais relativement pauvres en azote (milieux mésotrophes).

Ces mégaphorbiaies montrent de nombreuses variations en fonction de la taille du cours d’eau et de la nature du substrat alluvial. Il s’agit de prairies élevées attirant l’attention par la dominance forte d’un petit nombre d’espèces. Les espèces sont caractérisées souvent par leurs feuilles larges, leurs inflorescences vives s’épanouissant à partir de juin.



Espèces indicatrices du type d’habitat

Angelique sauvage

Epilobe à 4 angles

Eupatoire chanvrine

Lysimaque vulgaire

Lytrum salicaire

Reine des près

Valeriane rampante
 


Dynamique de la végétation
Ces mégaphorbiaies dérivent de la destruction de forêts riveraines et de l’abandon des activités pastorales. Leur état naturel correspond à un linéaire de lisière ou à des taches occupant les trouées forestières et à l’absence d’interventions anthropique. La fauche ferait régresser certaines espèces typiques de ces milieux. Par dynamique naturelle, elles peuvent céder la place à des forêts riveraines (aulnaies- frênaies, par exemple). Les mégaphorbiaies peuvent se reformer à l’occasion de crues perturbatrices détruisant des fragments de ripisylves ou lors de l’abandon de prairies exploitées de façon extensive. Cela en effet entraîne le développement des espèces de mégaphorbiaies qui étouffent peu à peu les espèces prairiales et les font disparaître.



Tendances évolutives et menaces potentielles
L’habitat est en régression dans les zones d’agriculture intensive en raison du passage de la prairie à la culture ou de l’utilisation de l’espace en prairies pâturées ou fauchées ou en peupleraies intensives. De plus en plus souvent, les lits majeurs font l’objet de drainage et les prairies sont transformées en champs avec des cultures diverses.

En règle générale, tout aménagement hydraulique, tendant à réduire ou à supprimer les inondations dans le lit majeur des cours d’eau entraîne une régression ou la disparition de ce type d’habitat du fait de la descente de la nappe et de l’absence des inondations.

L’eutrophisation de l’eau (liée à des pollutions diverses) peut conduire au passage à des types de mégaphorbiaies très eutrophes. Cette tendance est observée sur de nombreuses rivières, du fait de multiples rejets ou de cultures opérées en bordure des cours d’eau avec utilisation de divers engrais.



Modes de gestion recommandés
Dans les conditions naturelles de fonctionnement, ces mégaphorbiaies s’installent dans des trouées occasionnées par de fortes perturbations (crues importantes par exemple). Ces milieux sont donc sujets à des fluctuations fortes au point de vue de leur surface dans les conditions naturelles. Fondamentalement, ces mégaphorbiaies naturelles sont des stades transitoires qui évoluent vers la forêt et il est donc souvent illusoire de vouloir maintenir l’habitat en l’état.

À l’échelle d’une vallée, il est recommandé de caractériser les différents milieux, de faire un zonage (mégaphorbiaies, prairies, forêts.) et de maintenir la mosaïque avec ses différents éléments.

On veillera aux risques d’eutrophisation des eaux de la rivière et à tous les travaux hydrauliques risquant de réduire le lit majeur. Enfin, on s’efforcera de lutter efficacement contre les espèces envahissantes.



Répartition géographique
Ces mégaphorbiaies sont assez répandues sur le territoire, à l’étage collinéen.

 
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